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Bureau de la coordination scientifique du
Diplôme Interuniversitaire de Médecine Morphologique et Anti Age
Pr Yves Cohen, Pr Philippe Caix
Hôpital Avicenne, Service de Réanimation
rue de Stalingrad.93 Bobigny. 1 Avril 2009
Monsieur le Directeur, cher Confrère,
Nous avons l’honneur de revenir vers vous dans le prolongement de notre entrevue du 18 février dernier, et relative au contenu du rapport sur les actes à visée esthétique.
Nous avons eu l’occasion au cours de cet entretien de vous faire part d’un certain nombre de réserves d’abord sur la forme ensuite sur le fond de ce rapport.
Vous nous avez clairement indiqué que ce document constituait comme son nom l’indique un document préparatoire, et revêtait dès lors un caractère confidentiel, de telle sorte que les propositions contenues à celui-ci n’avaient évidemment non seulement aucun caractère public mais au surplus définitif.
La campagne de presse de ces derniers jours et l’information largement diffusée par les médias selon laquelle ce rapport allait être rendu public ne nous aurait volontiers laissé que sceptiques si la communication orchestrée autour de cet évènement ne revêtait pas bien souvent un caractère tout à fait diffamatoire, voir parfois injurieux à l’endroit des étudiants en médecine morphologique et anti âge, des diplômés, ou des enseignants.
Ces considérations, dès lors, transcendent le scepticisme, et suscitent ma plus vive indignation, avec le sentiment que la direction générale de la santé a été abusée, ou pire, mais nous ne voulons pas l’imaginer, ne nous a pas tout dit lors de la réunion précitée.
Vous comprendrez aisément qu’il n’est pas possible de dire tout et son contraire à un mois d’intervalle, et le respect dû aux professionnels de santé va bien au-delà de nos confrères chirurgiens, pour s’étendre jusqu’à tous les membres de la profession, de telle sorte que vous affirmez à certains d’entre eux, que ce rapport ne revêt aucun caractère public et que finalement nous en retrouvons la quasi intégralité dans les journaux nationaux aux côtés de commentaires sordides et parfois insultants de chirurgiens plasticiens, portant atteinte directement à l’honneur et la considération de l’ensemble des médecins qui ont fait le choix de se former universitairement au lieu de rester évoluer au sein de structures privées.
Dans ces conditions, il importe au plus haut point que la Direction générale de la Santé précise clairement et publiquement sa position quant à la nature et partant la force obligatoire qu’il convient de conférer à ce rapport, aux fins de clarifier définitivement les choses.
A défaut, et puisque la presse semble être l’endroit ou se font les débats de santé publique, nous ne manquerons pas de l’utiliser pour nourrir des objections argumentées, et fort sérieuses contre les termes d’un rapport dont vous ne pouvez ignorer son caractère largement contestable.
La première objection et non des moindres vise à laisser entendre que le diplôme interuniversitaire de médecine morphologique et anti âge serait un diplôme de médecine esthétique qui ne dit pas son nom, alors qu’il s’agit en réalité de l’expression d’une intuition médicale formidable qui vise à prendre en charge de manière globale les effets du vieillissement, en faisant appel à une interdisciplinarité nécessaire qui permet de ne plus limiter le patient à une pathologie donnée, mais de considérer celui-ci dans son contexte d’existence.
Si l’esthétique fait bien partie des enseignements dispensés, prétendre qu’elle en constituerait le support exclusif serait non seulement une erreur intellectuelle, mais au surplus médico légale, en ce qu’il est impensable que la médecine esthétique soit une discipline spécifique et à part entière.
Elle doit nécessairement être intégrée dans un processus de prise en charge plus large, de façon à ne pas réduire les médecins à des techniciens, mais faire d’eux au contraire des diagnosticiens, sensibles à la prévention des effets aussi visibles qu’invisibles du temps.
Nous pensions que vos services étaient convaincus de cette réalité, dès lors que c’est l’ intuition qui a guidé le plan bien vieillir mis en œuvre par les autorités de santé.
En l’attente de vos nouvelles, nous vous prions de croire, Monsieur le Directeur, et Cher Confrère, en l’assurance de notre parfaite considération.
Pour la coordination scientifique du DIU MMAA
Pr Yves Cohen
Voici la publication de l’AFP
PARIS (AFP) — Un amendement adopté récemment par les députés prévoit la
possibilité d'encadrer l'exercice de la médecine esthétique, a-t-on indiqué
jeudi au ministère de la Santé, après des informations de presse faisant
état d'un rapport de la Direction générale de la santé (DGS) épinglant
cette pratique.
La médecine esthétique utilise des techniques moins lourdes que la
chirurgie (laser, botox, acide hyaluronique, lumière pulsée, peelings...)
pour rajeunir, mincir ou embellir.
De fait, l'Assemblée nationale a déjà adopté un amendement au projet de loi
sur la réforme de l'hôpital, prévoyant la possibilité d'encadrer par décret
les actes et pratiques à visée esthétique "porteurs de risques", a-t-on
souligné au ministère.
"Devant la prolifération actuelle de pratiques à visée esthétique parfois
non évaluées, il apparaît aujourd'hui nécessaire de pouvoir encadrer celles
qui présentent des risques sérieux pour la santé humaine", avait indiqué la
députée UMP Claude Greff dans l'exposé de son amendement.
Le texte prévoit en outre la possibilité d'interdire par décret "les actes
à visée esthétique dont la mise en œuvre présente un danger grave ou une
suspicion de danger grave pour la santé humaine".
Le projet de loi sur la réforme de l'hôpital (loi HPST - hôpital, patients,
santé, territoire) doit encore être examiné par les sénateurs.
Le Figaro mardi et le Quotidien du médecin jeudi ont révélé qu'un rapport
de la DGS épinglait les pratiques de la médecine esthétique. Interrogé par
l'AFP, le ministère de la Santé a indiqué que "ce rapport est un document
de travail qui n'a pas vocation à être diffusé".
Selon le Quotidien du médecin, ce rapport relève que "ces techniques sont
actuellement directement appliquées sans avoir préalablement fait l'objet
d'études cliniques visant à établir leur sécurité et leur efficacité".
"Elles échappent, par ailleurs, à toutes les règles de vigilance
habituellement appliquées dans le domaine du soin", selon ce rapport cité
par le journal professionnel.
Le rapport proposerait notamment de réserver ces actes à des
"professionnels prévus par l'encadrement juridique" et préconiserait de
faire suivre une formation complémentaire aux médecins exerçant dans ce
champ, selon le Quotidien du médecin.
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